Dans la continuité de cette démarche, il y a les sculptures textiles, des bas-reliefs flottants qui laissent deviner ce qui n’est pas là, inspirée des drapés de la sculpture antique où le voile de marbre recouvre le corps tout en révélant les formes absentes.
Parallèlement, Alex Numen cherche à produire un acte de restitution du corps masculin privé du droit d’être vulnérable et beau. Cette anatomie ici n’est ni un symbole de puissance, ni un objet de désir, mais un fait d’existence. Les muscles en mouvement, les courbes, les proportions, les imperfections : tout ce que la culture a longtemps cherché à dissimuler ou à transformer en tabou.
Il cherche à déconstruire les hiérarchies corporelles imposées par les normes. Elles affirment une idée simple et radicale : chaque corps a le droit d’être vu tel qu’il est, sans justifications et sans masques.
L’exposition ouvre un espace de dialogue entre le corps affirmé et le corps suggéré entre visibilité, radicale et retenue poétique. Ensemble, les œuvres invitent à reconsidérer notre rapport au regard à la pudeur et à l’intime : non comme des zones à censurer, mais comme des territoires à habiter avec lenteur et attention.



