« Le langage de l’art contemporain permet-il de parler de métaphysique ? De prime abord, la réponse paraît évidente : nombre d’artistes ont inventé des espaces magiques et métaphysiques, à commencer par De Chirico et Paul Delvaux. De nos jours, l’art contemporain a pourtant créé des espaces si puissants d’ironie et de distanciation, il se fonde à tel point sur le matérialisme qu’il ne présuppose pas de discours sur Dieu, l’élargissement de la conscience et le moment présent, loin des notions d’amendement et d’éveil. Il ne cesse en même temps de repousser les limites en conquérant de nouveaux territoires, et l’ésotérisme y est terra incognita. De plus en plus de gens, pourtant, aspirent à une vie spirituelle, et je me décide imprudemment à faire un pas sur ce terrain.
(…)
Mon projet se compose de deux parties : d’un récit sur mon pèlerinage au Tibet et d’un zine relatant mon parcours. Ces deux composantes sont intimement liées puisque j’ai fait pour la première fois l’expérience de l’éveil et commencé ma vie consciente pendant mon voyage à travers l’Himalaya.
Bien sûr, je m’étais déjà posé la question de mon identité et celle du sens de la vie (Pourquoi suis-je ici ?), mais c’est là-bas que j’ai en toute conscience commencé à chercher un chemin spirituel. »
Tania Antoshina
(Texte original en russe traduit en français par Irène Imart)


