Où se situe la limite de notre perception de l’univers, si malgré la disparition de toutes les formes, nous sommes toujours capables de reconnaître les sujets dans la peinture ? La reconnaissance des choses dépend-elle du réalisme des lignes et des proportions connues de notre cerveau ? Ou est-ce simplement une question de plusieurs points clés associés au sentiment et à la charge émotionnelle de l’œuvre qui nous fait comprendre ce que nous voyons ?
En se posant toutes ces questions, dans sa nouvelle série de peintures sur toile, cyanotypes et aquarelles, les contours des corps suivent nos souvenirs et nos émotions plutôt que des modèles réels. Aussi la recherche de la forme dans ses œuvres est subconsciente et spontanée.
Ce qui m’intéresse, c’est la précision de notre mémoire et de notre imagination. Si je vous dis d’imaginer un cheval, par exemple, aussi fort que nous essayions, nous ne verrons jamais une image photoréaliste d’un cheval. Ce que nous voyons est une image toujours changeante, une idée plutôt, avec des lignes indistinctes et des formes exagérées, accompagnées d’un certain sentiment. Et c’est cette image que je capture dans mes peintures.
Inspirée par les rêves, les voyages spirituels et l’observation méditative de toute forme de vie, Nella laisse sa main être guidée par des gestes intuitifs lors de la création. Dans le monde onirique, tout est possible et la logique a très peu d’importance.


