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Lola Lou Féral

Après une année de prépa, Lola Lou rejoint les Beaux-Arts de Bordeaux dans le parcours « trafic ». Sa pratique artistique se déploie dans différents médiums — dessins, sculptures textiles, compositions de matériaux glanés et dits de « récupération » auxquels elle donne une vie nouvelle, figures animales sous forme de masques, gravures… Si la pratique est caractérisée par une forte expérimentation, qui s’épanouit dans un cadre universitaire offrant ateliers et outils en tout genre, les travaux de l’artiste sont tous marqués par une forme d’expressionnisme. Peuplées par des figures à la lisière entre l’humain et la bête, le diable et la divinité, les œuvres de Lola Lou interrogent les notions d’identité et de féminité, jamais dissociables de la question du regard de l’autre.

Le glissement ou la fluidité des formes se reflète dans un trouble qui dessine, sur le visage du spectateur, un sourire aussi franc que crispé. Face à ces drôles d’humanoïdes, on se trouve tantôt inquiets, tantôt amusés et complices. L’irruption de ces bêtes pataudes et burlesques, jamais exemptes d’humour, ne manque pas de nous rappeler que tout souvenir est une création renfermant paradoxalement une forme de vérité.
Dans La Fête, Lola Lou perçoit un espace de métamorphose, quelque part entre l’asservissement à une bestialité nichée au fond de l’humain et une libération radicale. Pour cette exposition, l’artiste présentera une série de dessins comme autant d’épisodes d’une soirée enDIABLÉE. Si l’ivresse et l’obscurité transforment chacun des individus, La fÊTE est ici un personnage monstrueux qui « se déploie, déborde, se renverse » et finit même par se « dévorer lui-même ». Lola Lou déploiera le récit de cette bÊTE à mille corps qui n’en fait qu’à sa tÊTE. La fÊTE est une diablesse — non pas un diable, attention — qui dévore les individus en un morceau pour célébrer la puissance du collectif et l’oubli de soi. Dans le même temps, ce magma de figures façonnées par l’ivresse et recouvrant les feuilles blanches est le produit du regard de l’artiste sur un théâtre social aux codes bien étranges et définis, dont le visiteur pourra explorer les représentations dans les détails.

L’EXPOSITION