Le glissement ou la fluidité des formes se reflète dans un trouble qui dessine, sur le visage du spectateur, un sourire aussi franc que crispé. Face à ces drôles d’humanoïdes, on se trouve tantôt inquiets, tantôt amusés et complices. L’irruption de ces bêtes pataudes et burlesques, jamais exemptes d’humour, ne manque pas de nous rappeler que tout souvenir est une création renfermant paradoxalement une forme de vérité.
Dans La Fête, Lola Lou perçoit un espace de métamorphose, quelque part entre l’asservissement à une bestialité nichée au fond de l’humain et une libération radicale. Pour cette exposition, l’artiste présentera une série de dessins comme autant d’épisodes d’une soirée enDIABLÉE. Si l’ivresse et l’obscurité transforment chacun des individus, La fÊTE est ici un personnage monstrueux qui « se déploie, déborde, se renverse » et finit même par se « dévorer lui-même ». Lola Lou déploiera le récit de cette bÊTE à mille corps qui n’en fait qu’à sa tÊTE. La fÊTE est une diablesse — non pas un diable, attention — qui dévore les individus en un morceau pour célébrer la puissance du collectif et l’oubli de soi. Dans le même temps, ce magma de figures façonnées par l’ivresse et recouvrant les feuilles blanches est le produit du regard de l’artiste sur un théâtre social aux codes bien étranges et définis, dont le visiteur pourra explorer les représentations dans les détails.


